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Qu’est-ce que la beauté à l’ère d’Instagram ?

Qu’est-ce que la beauté ? C’est une question que l’on pose tous les jours – à nous-mêmes, à nos proches, et à nos moteurs de recherche. Cette question lourde de sens a peu de réponses connues, et pourtant, nous continuons à essayer de trouver ces réponses.

Le dictionnaire Larousse définit la beauté comme suit : “qualité de quelqu'un, de quelque chose qui est beau, conforme à un idéal esthétique ; caractère de ce qui est digne d'admiration par ses qualités esthétiques intellectuelles ou morales”. Si cette définition ne vous aide pas plus que ça, ne vous en faites pas : nous non plus. Nous sommes nombreux à poursuivre cette quête de toute une vie pour trouver la réponse à cette question, que nous en ayons conscience ou non.

Quand nous étions plus jeunes, nous passions des heures à jouer avec des jouets, des figurines, des poupées Barbie qui renvoyaient une image du corps féminin très différente de la réalité qui nous entoure. Dans les contes de fées que nous lisions ou regardions en vidéo, les gentils avaient toujours les lèvres roses et un teint parfait, alors que les méchants étaient pâles, leurs visages couverts de verrues et de formes étranges. Puis nous avons grandi et nos idéaux se sont tournés vers les célébrités : des posters d’adolescents prenant des poses suggestives partout sur les murs de nos chambres. On a alors commencé à nous donner des avis que nous n’avions pas demandés : “tu devrais sourire plus”, “tu ne devrais pas mettre autant de maquillage”, “tu n’es pas très élégant.e”, etc. On nous a demandé de nous conformer à une image de la beauté définie par les autres. Les choses ont-elles vraiment changé depuis notre enfance ?  

Il semblerait que les filtres Instagram aient pris la place des poupées Barbie : nous passons aujourd’hui des heures sur les "feeds" des réseaux sociaux, à télécharger les contenus visuels partagés par des inconnus. C’est d’ailleurs devenu une partie cruciale de la journée pour beaucoup d’entre nous. Le nombre d’utilisateurs Instagram dans le monde est estimé à 1 milliard, dont 65% de femmes. Les media martèlent régulièrement l’idée que la valeur d’une femme dépend de son apparence. Bien sûr, nous aimerions nous dire que la vraie beauté est à l’intérieur ; mais aujourd’hui, à l’ère d’Instagram, où l’appareil photo télescopique nous encourage à tout voir à travers lui et juger les moindres détails des standards de beauté, est-ce encore vrai ?

À une époque où les personnalités Youtube et Instagram sont considérées comme les nouvelles influenceuses de la beauté, sommes-nous entraînés dans un cercle vicieux de narcissisme et de haine de soi ? Nous connaissons tous ce moment terrible de doute et d’auto-jugement avant de poster le meilleur selfie possible... En conséquence, nous sommes aujourd’hui perçus comme une génération de narcissiques, mais peut-être que derrière le filtre, nous cherchons en fait à cacher un besoin névrotique d’être aimé. La quantité de "likes" accordée à nos selfies a des effets bien réels sur nos cerveaux. La dopamine, neurotransmetteur lié à la sensation de satisfaction, est immédiatement libérée dans nos organismes lorsque nous sommes exposés à la validation des autres ; les “j’aime” sur internet équivalent à être aimé.e, accepté.e et même désiré.e dans la vie réelle. Cependant, comme pour toute chose qui a le potentiel de nous faire nous sentir extrêmement bien ou extrêmement mal, le risque de perte de contrôle est particulièrement élevé. L’envie compulsive de consulter son téléphone régulièrement pendant la journée peut rapidement nous entraîner dans une spirale d’envie et de désespoir. Et malheureusement, cette spirale ne s’arrête jamais...

Mais pouvons-nous reprendre le contrôle ? Depuis les origines de l’humanité, nous avons toujours trouvé le moyen de nous donner une image idéale de la beauté. Idoles, stars de cinéma, influenceurs, dieux et déesses... Les réseaux sociaux sont loin d’être les seuls à blâmer.

Peut-être que le problème vient tout bonnement du fait d’essayer de définir la beauté. C’est une mentalité déjà en marche depuis longtemps ; les réseaux sociaux ne font que la mettre en valeur. Or nous assistons aujourd’hui à l’avènement du "body positive" : un nombre grandissant de blogueurs et blogueuses cherchent à briser les stéréotypes et les frontières en matière de beauté. Nous pouvons notamment citer @the.vulva.gallery, une page Instagram qui rend hommage au sexe féminin quelle que soit sa forme ; @arewenearlybareyet, qui défend la beauté du corps, quel que soit le corps ; @zenteta, qui promeut le "body positive" par l’intermédiaire du body art ; et côté français, @gaelleprudencio, @valou_naturallypositive et @carnetsdalice, pour n’en citer que quelques-unes. Nous avons grand besoin de comptes Instagram de ce type, pour changer la vision figée que notre société a de la beauté. La vraie beauté ne dépend pas de nos traits physiques, et plus tôt nous le réaliserons et nous le célébrerons, mieux ce sera.

La route sera longue et difficile ; nous devons avant tout déconstruire cette idée trop enracinée qu’il faut être “beau.belle” pour être accepté.e. Un "feed" Instagram rempli de posts célébrant toutes les formes, tous les corps, et tout ce qui nous rend uniques peut constituer un excellent pas vers la confiance en soi. Alors, la vraie beauté est-elle à l’intérieur ? À vous de décider !

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lolak63_1421651

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Bonjour Lola, cet article a été publié le 10 Août 2018. Nous vous invitons à nous adresser vos questions directement par email à l'adresse suivante : [email protected]. Nous vous souhaitons une merveilleuse journée !