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Quand les villes banissent les pesticides

Quel est le point commun entre Paris, Barcelone et Copenhague — à part le fait d'être d'excellentes destinations de vacances ? Comme de plus en plus d'autres communes européennes, ces trois villes ont mis en place des zones sans pesticide, pour protéger la santé humaine et les espèces sauvages menacées.

Ce mouvement gagne popularité partout en Europe ; de plus petites villes telles que Gand en Belgique, Lyon en France et Brighton au Royaume-Uni adoptent des législations interdisant l'utilisation de pesticides dans certaines, voire dans l'ensemble des zones urbaines. En première ligne du mouvement Communes Sans Pesticide, on retrouve Pesticide Action Network (PAN) : une communauté regroupant plus de 600 organisations non gouvernementales, institutions et individus de plus de 90 pays "qui oeuvrent pour la promotion et l’adoption d’alternatives et de pratiques agricoles écologiquement saines et durables pour remplacer l’utilisation de pesticides dangereux pour les Hommes".

"Les pesticides sont principalement utilisés dans l'agriculture, mais aussi ailleurs dans nos villes et communes", explique Nick Mole, chargé des politiques de Pesticide Action Network UK. "Ils sont utilisés dans les rues, les aires de jeux, les parcs, les écoles, les hôpitaux... Autant d'endroits où nous vivons, travaillons et passons notre temps libre. Quoi que nous fassions, nous sommes exposés aux pesticides au quotidien.

"Nous n'avons absolument aucune raison d'utiliser les pesticides dans nos villes ; nous ne cultivons pas de plantes à grande échelle, donc les arguments généralement utilisés pour défendre l'utilisation des pesticides (besoin de nourrir les populations, avantages financiers et économiques, risque de prolifération de plantes sauvages comme les pissenlits, etc.) ne s'appliquent pas à nous.

"Les seules choses qui poussent dans nos villes et qui sont essentielles à notre développement, ce sont nos enfants — et ce sont eux qui sont les plus vulnérables aux effets des pesticides. 41 types de pesticides différents sont utilisés dans nos villes et communes, dont 11 potentiellement, probablement ou assurément cancérogènes pour l'Homme ; en d'autres termes, nous répandons des substances chimiques responsables du développement de cancers près des endroits que nous fréquentons avec nos enfants, alors que nous n'en avons même pas besoin."

Depuis 2009, la ville de Gand, en Belgique, n'utilise plus aucun pesticide ; elle les a remplacés par des solutions telles qu'un aménagement innovant des espaces publics et des machines autoguidées pour contrôler la croissance des plantes. Les employés des entreprises d'intérêt collectif préservent aussi la propreté des zones difficiles d'accès, et les particuliers sont responsables du désherbage des trottoirs devant leurs maisons.

"Les résultats sont clairement visibles partout dans la ville", a déclaré le maire de Gand, Daniël Termont, à l'occasion d'une conférence en ligne en 2016. "Les rues sont plus vertes car nous n'utilisons plus d'herbicides chimiques ; des coquelicots, boutons d'or et marguerites poussent maintenant sur les bords de nos trottoirs. Jusqu'à récemment, les abeilles avaient beaucoup de mal à survivre dans notre ville ; aujourd'hui, Gand accueille plusieurs apiculteurs, qui considèrent que la ville présente un environnement sain pour l'élevage des abeilles."

Les avantages pour la santé humaine et les écosystèmes sont aussi évidents dans d'autres villes et communes sans pesticide. À Copenhague (qui a remporté le Prix de la Capitale verte en 2014), les jardiniers combattent la croissance de plantes indésirables avec du gravier ou des copeaux de bois, combinés à des techniques de désherbage thermique ; mais ils laissent aussi les plantes pousser librement sur certaines zones pour permettre à la flore de se diversifier.

"L'utilisation d'herbicides chimiques nous apparaît de plus en plus comme superflue, compte tenu de nos nouvelles connaissances, des méthodes alternatives disponibles et de notre sensibilité accrue à la biodiversité. Nous avons donc conclu que les pesticides pouvaient être complètement interdits", a déclaré Morten Kabell, maire des affaires techniques et environnementales de Copenhague, dans une lettre addressée à PAN.

En 2015, Barcelone a approuvé la mise en place d'une mesure pour supprimer l'utilisation d'herbicides toxiques comme le glyphosate (un herbicide responsable de la contamination des cours d'eau) dans les lieux publics ; la France, qui fait partie depuis des années des plus gros consommateurs de pesticides en Europe, est aussi en train d'adopter une législation plus respectueuse de l'environnement. En 2016, le gouvernement français a interdit l'utilisation des pesticides dans tous les parcs, forêts et jardins publics. La vente libre de pesticides aux particuliers et leur utilisation dans les jardins privés seront également interdites à partir de 2019.

De même, Paris a mis en place depuis plus de dix ans des zones sans pesticides, et de plus petites villes et communes françaises agissent aussi pour réduire l'utilisation des pesticides. La troisième plus grande ville de France, Lyon, compte 300 parcs et jardins publics sans pesticide depuis 2008 ; à la place, la ville limite la prolifération de parasites en utilisant des méthodes alternatives, comme des coccinelles mangeuses de pucerons ou des pièges à bière. Auparavant, Lyon dépensait 30 000 € par ans pour l'achat de pesticides et le transport de compost ; ces initiatives ont non seulement mis fin à ces dépenses, mais aussi entraîné une croissance de 10% des espaces verts.

Nick Mole, de PAN UK, tient à impliquer davantage les populations locales dans les campagnes contre les pesticides et l'établissement de zones sans pesticide, telles que celles qui se sont mises en place à Brighton et Glastonbury. "35 campagnes locales actives sont actuellement en place, mais nous sommes à la traîne par rapport à d'autres pays comme la France, qui compte déjà 400 villes et communes sans pesticide", commente-t-il. "Le gouvernement français a mis en place une législation visant à interdire l'utilisation de pesticides non agricoles d'ici 2019 — et il l'a fait parce qu'il se préoccupe du bien-être des populations. Ce n'est pas le cas ici, et c'est navrant. Par conséquent, nous tenons vraiment à encourager les populations à lancer leurs propres campagnes.

"Ici au Royaume-Uni, nous avons constaté maintes fois que les personnes chargées de notre bien-être (nos politiciens, notre gouvernement et nos ministres) ne sont pas réellement disposés à faire changer les choses pour nous. Le seul moyen sera de provoquer le changement nous-mêmes."

Rejoignez la conversation et découvrez les solutions proposées dans les villes et zones sans pesticide sur le site du mouvement Communes Sans Pesticide.

 

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