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Les pesticides, un danger majeur pour la santé publique et l’environnement

Des dizaines de milliers de tonnes vendues chaque année, des effets dévastateurs sur la santé et l'environnement mais aussi une utilisation en constante augmentation… Quels sont les principaux enjeux liés au problème des pesticides ? France Nature Environnement, fédération française des associations de protection environnementale, fait le point.

La France accro aux pesticides

Les pesticides sont des substances actives, naturelles ou synthétiques, utilisées pour tuer des organismes vivants qui détériorent des cultures, plantations, matières ou, selon certains, l'esthétique (la fameuse herbe folle de l'allée en gravier). Il existe des centaines de pesticides différents, que l’on peut classer en trois grands types : herbicides, fongicides et insecticides.

La France et l’Espagne sont les deux pays d'Europe consommant le plus de pesticides en Europe. 90% d'entre eux sont utilisés en agriculture, les 10% restant par les particuliers, collectivités et entreprises. Les pesticides se sont imposés en France après la Seconde Guerre mondiale : dans un souci de sécurité alimentaire, l’agriculture française est entrée dans une logique de production intensive, très dépendante aux pesticides, engrais, carburants, etc. Un mode de fonctionnement onéreux, peu résilient et lourd de conséquences…

Malgré quelques mesures timides du gouvernement, l’usage des pesticides reste en constante augmentation. Pour autant, les rendements agricoles n'augmentent plus, et la question devient particulièrement inquiétante compte tenu des nombreux effets secondaires des pesticides.

Une pollution à laquelle nous sommes tous exposés

L'Organisation Mondiale de la Santé a classé de nombreux pesticides comme étant des facteurs importants dans l’apparition de différentes pathologies (Maladie de Parkinson, cancer, malformations, infertilité, etc.). Les premiers touchés sont les agriculteurs et agricultrices qui manipulent et respirent ces produits, sans protection suffisante. Les personnes vivant à proximité des zones traitées aux pesticides sont également très exposées.

Air, eau, sols, alimentation... Partout en France, les pesticides sont omniprésents dans notre quotidien. On compte 36 pesticides présents dans l’air en ville, et 38 à la campagne. 92% des cours d'eau français surveillés sont pollués aux pesticides. Cette exposition chronique aux pesticides est dangereuse pour la santé même à faible dose.

Et la biodiversité dans tout ça ? Un tiers des oiseaux des milieux agricoles ont disparu en moins de 30 ans, et près de 80% des insectes. Pour les plantes associées aux milieux cultivés (bleuets, coquelicots, etc.), les chiffres ne sont pas plus rassurants : 51% sont en situation précaire et 7% ont disparu.

Les pesticides font partie des principaux responsables de l’érosion de la biodiversité, que ce soit directement ou indirectement – en augmentant la mortalité chez certaines espèces, mais aussi en perturbant leurs systèmes immunitaires, jusqu’à l’ensemble de la chaîne alimentaire. Les écosystèmes (sols, eau, espaces naturels ou agricoles) sont fragilisés. Face à de telles conséquences, comment se fait-il que les pesticides soient encore vendus ?

Une évaluation et des législations incomplètes

Pour être commercialisés, les pesticides doivent obtenir une autorisation de l'Europe, après évaluation du danger potentiel pour les récoltes et surtout pour l’Homme. Mais l’évaluation complète du risque est extrêmement complexe voire impossible, puisqu'elle est faite suivant des méthodes qui ne peuvent reproduire les circonstances réelles d'utilisation.

Lorsqu'une substance est en vente mais que des études viennent alerter sur sa nocivité, des batailles d'expertises s'enclenchent pour déterminer le niveau de danger, avec en toile de fond des conflits d'intérêts et un fort lobbying à l’égard du gouvernement. L’interdiction des substances les plus nocives prend souvent des années, alors que de nouveaux pesticides arrivent constamment sur le marché. 

Les pouvoirs publics tentent aujourd’hui de lutter contre le problème avec le plan Ecophyto. Ce plan, proposé en 2007, visait à réduire de 50% l’utilisation des pesticides d’ici 2018. En 2015, l’échéance a été repoussée à 2025 avec le plan Ecophyto 2, puis le plan a été revu une seconde fois en 2018 en version Ecophyto 2+, qui prévoit notamment une sortie en 3 ans du glyphosate (un herbicide menaçant la santé et l’environnement), ainsi que l’interdiction des néonicotinoïdes, une classe de pesticides dangereux pour les abeilles… Interdiction pourtant déjà votée depuis 2016 en France !

Malgré ces mesures, l’usage de pesticides en agriculture a augmenté de 12,4% depuis 2009. Plus inquiétant encore, certaines zones auparavant protégées contre les pesticides sont à nouveau menacées depuis 2017. En France, il est interdit d'épandre des pesticides dans certaines zones, dites « de non traitement », en bordure de cours d'eau. Mais un arrêté ministériel passé le 4 mai 2017 a permis aux préfets de rayer de la carte certains cours d’eau, excluant près de la moitié des zones protégées.

« Malgré les dizaines de millions d’euros dépensés dans le cadre d’Ecophyto tous les ans, l’agriculture française n’arrive pas à se libérer de son usage excessif de pesticides », commente Claudine Joly, en charge des questions pesticides à France Nature Environnement.  « La sortie des pesticides ne se fera pas sans l’activation d’autres leviers économiques et règlementaires. »

Pour sortir des pesticides, il faut un changement radical

Pour mettre fin aux problèmes liés aux pesticides, il est aujourd’hui indispensable de passer d'un modèle productiviste industriel à un modèle plus respectueux de l’environnement, tel que l’agroécologie. La transition ne pourra pas s’opérer tant que la logique sera de remplacer une substance par une autre. « Le temps n’est plus aux bonnes intentions et autres démarches volontaires. Il faut un soutien ferme et sans concession du gouvernement pour la transition agroécologique. […] L’agriculture doit assurer une alimentation saine et de qualité pour tous, tout en préservant l’environnement et la biodiversité », déclare Cécile Claveirole, responsable des questions agricoles à France Nature Environnement.

Chercheurs, agriculteurs, pouvoirs publics, consommateurs... C'est grâce à la mobilisation de chacun que la France réussira à sortir des pesticides. Si l’achat des pesticides sera interdit aux particuliers à partir de 2019, nous pouvons d’ores et déjà adopter les bons gestes. Jardiner sans pesticides ou privilégier une alimentation bio, c'est agir concrètement vers un système plus durable.

#LoinDesPesticides

France Nature Environnement se bat pour rétablir et améliorer la protection des cours d'eau (et des populations et espaces naturels qui les entourent) face aux pesticides. En effet, suite au décret mal rédigé du 4 mai 2017, de nombreux cours d'eau ont disparu des cartes, ce qui a ouvert la voie aux épandages de pesticides dans des zones auparavant classées comme zones de non traitement.

France Nature Environnement vise à affronter le problème à la source, en diffusant une pétition exigeant une réécriture de l’arrêté ministériel, qui permettrait de consolider la protection des environnements proches de nos cours d’eau.

Pour maintenir nos cours d’eau #LoinDesPesticides, demandez au gouvernement de réécrire l’arrêté ministériel du 4 mai 2017 en signant la pétition.

 

Pour plus d’informations :  www.fne.asso.fr

Soutenir France Nature Environnement : https://www.fne.asso.fr/nous-soutenir

 

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"Le temps n’est plus aux bonnes intentions et autres démarches volontaires. Il faut un soutien ferme et sans concession du gouvernement pour la transition agroécologique." Cécile Claveirole, FNE

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