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Le déterrage, une pratique de chasse brutale et cruelle

De mi-septembre à mi-janvier, et dès la mi-mai dans la plupart des départements, soit huit mois sur douze, le déterrage est légalement autorisé et pratiqué en tant que loisir en France. Peu connu par rapport aux méthodes « classiques », ce mode de chasse, dont le blaireau est l’une des principales victimes, est particulièrement choquant par sa violence.

Une persécution acharnée sur presque toute l’année

En France, la période d’ouverture générale de la chasse s’étend de mi-septembre à fin février – mais les animaux sauvages, ainsi que la sécurité publique sur les zones de chasse, restent menacés tout au long de l’année. La chasse est ouverte sur des périodes plus larges pour certaines espèces – et même toute l’année pour les espèces classées « susceptibles d’occasionner des dégâts » (comme le renard ou la fouine) ou les espèces faisant l’objet de dérogations, sous prétexte qu’elles seraient potentiellement responsables de dégâts dans les exploitations agricoles (comme le blaireau).

Les exploitants agricoles, les législateurs et bien sûr les chasseurs s’accordent bien souvent pour préférer à des méthodes de cohabitation pacifique (comme les répulsifs non toxiques) l’élimination radicale des animaux jugés susceptibles de causer des dégâts. Outre les modes de chasse les plus connus comme la chasse à tir ou la chasse à courre, les méthodes d’élimination ne manquent pas : battues, pièges tuants ou mutilants (parfois non sélectifs et donc menaçants pour une grande variété d’espèces), ou encore le déterrage ou « vènerie sous terre ».

La violence du déterrage

Le déterrage consiste à lâcher des chiens à l’intérieur d’un terrier pour y acculer un animal afin de l’en extirper brutalement et le tuer. Cette pratique est utilisée en toute légalité en France pour chasser le blaireau, mais aussi le ragondin, le rat musqué ou encore le renard.

Une fois l’entrée du terrier repérée et débroussaillée, un chien est lâché et les veneurs sous terre (chasseurs) collent l’oreille au sol pour suivre ses aboiements. Quand le chien signale avoir trouvé un animal, les veneurs sous terre détruisent son habitat en creusant avec des pelles et des pioches, jusqu’à atteindre la victime et l’extraire du terrier, le plus souvent à l’aide de pinces métalliques lui infligeant des blessures douloureuses qui s’aggravent à chaque mouvement. L’animal est ensuite exécuté dans d’atroces souffrances : affaibli par la poursuite, il est traîné au sol et achevé avec une arme à feu ou arme blanche, quand il n’est pas déjà déchiqueté par les chiens. S’il arrive que certains chasseurs laissent la vie sauve à l’animal après l’avoir déterré, les chances de survie restent très faibles, la victime succombant souvent à la myopathie de capture, un traumatisme mortel dû au stress intense qu’elle a subi.

Un massacre injuste 

Dans une note de service datant de 2008, l’ONF (Office National des Forêts) souligne que « le déterrage doit rester une activité de gestion ou de régulation liée à une problématique locale et non être considéré comme une activité sportive ». Pourtant, la plupart des veneurs sous terre continuent de qualifier cette pratique de « sport » ou de « loisir ». 

En France, on compte environ 3000 équipages (groupes de 5 à 6 chasseurs accompagnés de chiens), dont 1500 regroupés au sein de l’Association française des équipages de vénerie sous terre (AFEVST). Bien que ce mode de chasse soit encadré par l’arrêté ministériel du 18 mars 1982, visant à ne l’autoriser qu’à un nombre limité de personnes titulaires de permis, le déterrage reste légalement autorisé de mi-septembre à mi-janvier, et à partir de la mi-mai sur simple arrêté préfectoral.

Comme souvent en matière de chasse, les veneurs sous terre se présentent comme des « gestionnaires » de la faune, avançant l’argument d’un risque potentiel de « surpopulation » ou de menace pour les exploitations agricoles. Ce raisonnement est particulièrement injuste dans le cas du blaireau, un animal à fort taux de mortalité dont l’impact sur les cultures est minime et occasionnel.

Le blaireau est utile pour l’environnement, non classé comme « nuisible » et bien moins dangereux que ne le prétendent les chasseurs.  Reconnu comme présentant un risque de disparition, il continue pourtant d’être persécuté légalement neuf mois et demi par an en France.

« La France s’illustre une fois de plus comme un contre-modèle de protection de la biodiversité, dans la mesure ou le blaireau […] est protégé chez la plupart de nos voisins européens », commente l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) dans sa brochure Vive le blaireau ! publiée en février 2012.

L’ASPAS est une organisation non gouvernementale œuvrant notamment pour la protection de la faune sauvage. Pour protéger le blaireau contre cette pratique injuste, elle a mis en place une pétition demandant l’interdiction du déterrage du blaireau en France.

Lush vous invite à participer en signant la pétition : « Stop au déterrage des blaireaux ! »

Pour plus d’informations sur l’ASPAS : http://www.aspas-nature.org

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