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Blaireau, et alors ? Un animal méconnu à protéger

Protégé dans de nombreux pays européens, le blaireau est classé comme « gibier » en France. Sous couvert de « gestion » de la faune sauvage et de protection des exploitations agricoles, il est chassé sans répit neuf mois et demi par an. Danger pour les cultures ou victime innocente ? L’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) et Lush lèvent le voile sur cet animal méconnu.

Plus avantageux que dangereux

Le blaireau vit sous terre, creusant des terriers complexes comprenant en moyenne six à quinze entrées. Le blaireau peut cohabiter pacifiquement dans son propre terrier avec d’autres espèces sauvages également menacées par la chasse, comme le renard ou le lapin de garenne. Son habitat profite donc à la faune locale.

Le blaireau se nourrit principalement de vers, insectes, fruits et limaces, mais aussi parfois d’œufs, charognes ou petits mammifères. Son alimentation fait de lui un régulateur naturel : en consommant des baies, il dissémine leurs graines ; en labourant la terre pour y chercher de la nourriture, il améliore la qualité du sol ; et en chassant les petits rongeurs susceptibles d’endommager les cultures, il évite leur surpopulation. Pourtant, le blaireau reste accusé à tort de dommages dont il n’est en fait que très peu responsable. Il est par ailleurs accusé de ravager considérablement les cultures de céréales telles que le blé ou l’avoine, alors que ses visites sont seulement occasionnelles et dépendantes d’une période précise dans l’année. 

Un taux de mortalité tristement élevé

Le blaireau est présent de façon irrégulière sur l’ensemble de la France métropolitaine (excepté la Corse). Comme il est nocturne et vit sous terre, sa population est difficile à déterminer, mais estimée en 2012 à 150 000 blaireaux en France – chiffre contesté par la Fédération Nationale des Chasseurs, et ce sans l’appui d’études scientifiques irréfutables.

Comme souvent, le blaireau est chassé sous prétexte d’éviter une éventuelle « pullulation », pourtant impossible dans son cas. En France, chaque clan de blaireaux compte typiquement 2 à 8 individus, la taille effective variant selon les ressources alimentaires disponibles et des éventuelles menaces. Chaque portée compte en moyenne 3 à 4 blaireautins dépendant des adultes jusqu’à l’âge de 6 mois. Beaucoup d’entre eux meurent très jeunes à cause de la sécheresse printanière, et la moitié restante peut espérer vivre en moyenne 4 à 5 ans.

Outre cette forte mortalité infantile, environ 20% des adultes meurent en moyenne par an, notamment à cause des activités humaines. Chaque année en France, 30 000 blaireaux sont estimés victimes de collisions sur les routes, avec des pics de mortalité au printemps et en automne. La construction et l’utilisation d’infrastructures urbaines, routes ou voies ferrées détruisent les milieux de vie des blaireaux et entraînent une fragmentation des habitats naturels, de plus en plus éloignés les uns des autres. Le blaireau est aussi menacé par les pesticides et autres méthodes agricoles nocives pour l’environnement.

Peu connu, trop peu protégé

S’il ne figure pas sur la liste des espèces classées « susceptibles d’occasionner des dégâts » (anciennement « nuisibles ») en France, le blaireau y est chassable (arrêté ministériel du 26 juin 1987), ce qui signifie qu’il peut être légalement tiré de mi-septembre à fin février ou déterré de mi-septembre à mi-janvier. Des périodes complémentaires autorisent aussi le déterrage dès la mi-mai, au moment où les petits ne sont pas encore sevrés et donc particulièrement vulnérables. Si le blaireau ne peut pas légalement être piégé, gazé ou empoisonné, son piégeage peut être autorisé par des dérogations sous prétexte de dégâts causés par l’animal sur un terrain, ou sous couvert de défense de la santé publique. Au regard des autorités, il est plus économique d’éliminer les blaireaux plutôt que de cohabiter avec eux ou de les éloigner des zones agricoles par des moyens naturels (répulsifs non toxiques, blaireauducs détournant le parcours des blaireaux, etc.).
Dans le cadre de la Convention de Berne (ratifiée en France et en Belgique en 1990), le blaireau est inscrit sur la liste des espèces de faune protégée. Dans sa brochure Vive le blaireau ! publiée en février 2012, l’ASPAS résume la problématique en ces termes : « On ne protège que ce qu’on connaît : cette règle universelle ne rend pas très facile la protection d’espèces sauvages aux mœurs nocturnes et/ou farouches. »  L’association ajoute : « C’est néanmoins une espèce à surveiller : faudrait-il attendre qu’il soit en grave danger d’extinction pour s’en préoccuper ? »

Le déterrage du blaireau est une pratique cruelle et injustifiée, le blaireau étant reconnu comme un animal sensible.
Pour protester contre cette injustice, signez la pétition de l’ASPAS demandant l’interdiction du déterrage en France : « Stop au déterrage des blaireaux ! »

Pour plus d’informations sur l’ASPAS : http://www.aspas-nature.org

 

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